Comment organiser ses recettes : la méthode en 4 décisions
Organiser ses recettes tient en quatre décisions : rassemblez tout au même endroit, fixez un seul système d’étiquettes avant d’importer, nommez vos recettes de façon prévisible, jetez ce que vous ne cuisinerez jamais. L’ordre compte : importer d’abord et classer ensuite recrée le désordre ailleurs. Comptez deux heures de reprise, puis dix minutes par mois. L’outil vient en dernier.
Pourquoi vos recettes finissent éparpillées
Ce n’est pas un problème de discipline, mais de nombre d’endroits. Une collection ordinaire se répartit sur six lieux : captures d’écran, favoris du navigateur, épingles Pinterest, vidéos likées, PDF et fichiers Word au fond des Téléchargements, carnets papier hérités. Chacun a sa propre recherche, aucun ne parle aux autres.
Le vrai symptôme n’est donc pas « j’ai trop de recettes », c’est « je ne sais pas quoi cuisiner ce soir avec ce que j’ai ». Le second : ré-enregistrer trois fois le même curry. D’où la règle qui tient tout l’article : l’étiquetage précède l’import, jamais l’inverse.
Étape 1 : tout rassembler au même endroit
Bloquez une session, ouvrez vos sources une par une, ne triez rien sauf les évidences, et fixez un plafond de temps plutôt qu’un objectif d’exhaustivité. Trois chemins : le papier et les captures passent par la photo, les fichiers tels quels, les liens par leur URL. Pour les carnets manuscrits, notre guide de numérisation détaille les réglages photo utiles.
Cookfolio, par exemple, accepte les photos JPEG, PNG et WEBP, les PDF, DOCX et TXT, et les liens vers n’importe quel site de recettes, YouTube, TikTok, Instagram, Facebook et Pinterest. Une limite : pour Pinterest, l’application suit le lien sortant de l’épingle jusqu’à la recette d’origine, donc une épingle sans lien sortant se traite à la main. Ce qui rend la passe sûre : l’extraction est toujours affichée pour relecture et correction avant enregistrement, comme l’explique l’import IA.
Le gratuit couvre 5 recettes et 5 imports IA à vie, toutes sources confondues, un import depuis un blog ou Pinterest consommant lui aussi un crédit. Pro passe à l’illimité (4,99 €/mois ou 39,99 €/an) et débloque l’import en masse d’une collection Paprika (.paprikarecipes) ou Mela (.melarecipes), plafonné à 600 entrées, photos comprises, et 150 Mo par fichier.
Étape 2 : un seul système d’étiquettes, décidé avant l’import
Un seul axe principal, pas trois systèmes concurrents, et trois axes suffisent. Type de plat : entrée, plat, dessert, apéritif, petit-déjeuner, snack, boisson. Régime : végétarien, végan, sans gluten. Contrainte : rapide. Cookfolio installe ces onze étiquettes au départ ; les personnalisées s’ajoutent dans Réglages puis Personnalisation.
Au-delà d’une quinzaine d’étiquettes, l’étiquetage coûte plus qu’il ne rapporte : vous hésitez, vous classez mal, vous n’utilisez plus le filtre. Méfiez-vous du doublon sémantique : « rapide » et « express », « dessert » et « desserts » sont distincts pour la machine.
Deux comportements s’opposent. Lors d’un import IA, les étiquettes proposées sont seulement rapprochées de celles que vous avez déjà, les autres abandonnées : l’import IA ne gonfle jamais votre liste. L’import en masse Paprika ou Mela fait l’inverse : chaque catégorie du fichier devient une étiquette, tout nom inconnu en crée une nouvelle, majuscules ignorées. Si vous migrez, faites le ménage dans les catégories de l’ancien outil avant l’export.
Dernier détail : les onze étiquettes par défaut suivent la langue de l’application, alors qu’une étiquette personnalisée reste affichée telle quelle. Dans un foyer plurilingue, appuyez-vous sur les étiquettes par défaut.
Étape 3 : nommer ses recettes pour les retrouver
Presque tous les articles ratent ce point, qui découle d’une réalité technique : la recherche porte uniquement sur le titre. Pas sur les ingrédients, les notes ou la description. Taper « courgette » ne remontera jamais un « Gratin du dimanche ».
Le titre doit donc contenir l’ingrédient ou le plat que vous taperez dans six mois, pas le nom affectif. « Recette de mamie » devient « Tarte aux pommes de mamie », « IMG_4821 » devient « Curry de lentilles corail ». En cas d’hésitation, l’aliment principal en premier.
La liste est triée de la plus récente à la plus ancienne, sans tri alphabétique ni classement par fréquence : vos seuls leviers sont la recherche par titre et le filtre par étiquette. Et ce filtre est inclusif : plusieurs étiquettes élargissent le résultat, une recette ressortant dès qu’elle en porte une. Pour restreindre, filtrez sur une seule étiquette puis affinez par titre.
Étape 4 : élaguer ce que vous ne cuisinerez jamais
Un critère unique et honnête : l’avez-vous cuisinée au moins une fois. Réussie : on garde et on complète les notes. Décevante : on supprime. Jamais testée depuis plus d’un an : on supprime aussi, une recette qui vous manque se retrouve en ligne.
Sans détour : Cookfolio ne stocke ni favori, ni note sur cinq, ni date de dernière préparation. Aucun signal automatique ne repère les recettes jamais testées, il faut le fabriquer : une étiquette « à tester » retirée une fois la recette faite, ou la date et le résultat dans le champ notes.
Les doublons méritent une mention : aucun chemin d’import ne les détecte, ni fichier, ni lien, ni import en masse. Importer deux fois la même recette crée deux fiches sans avertissement, la seule déduplication intervenant dans les échanges du plan Family. D’où le réflexe : chercher le titre avant tout import incertain.
L’entretien : dix minutes par mois, à date fixe
Quatre gestes : corriger les titres bâclés du mois ; vérifier qu’aucune recette n’est restée sans étiquette ; supprimer les étiquettes en désuétude et les recettes non testées trop anciennes. Rassurez-vous : supprimer une étiquette ne supprime jamais les recettes qui la portent, elle est seulement retirée des fiches, et l’application indique combien sont touchées.
La meilleure hygiène vient cela dit de l’usage : une recette planifiée est une recette validée. Le planning fonctionne par semaine ISO du lundi au dimanche, un planning par semaine, sans distinction déjeuner ou dîner, et accepte des repas en texte libre (restaurant, restes). Précision souvent mal comprise sur le glisser-déposer : on déplace un repas déjà planifié vers un autre jour, on ne fait pas glisser une recette du catalogue sur un jour. Détails dans la planification des repas.
La liste de courses est générée uniquement à partir des repas planifiés : elle fusionne les doublons, y compris entre unités compatibles (ml, cl, l et g, kg), mais n’accepte pas d’article ajouté à la main, ne regroupe pas par rayon et ne se réorganise pas. Changer le nombre de portions recalcule les quantités proportionnellement, arrondi à 0,1, et laisse inchangé tout ingrédient sans quantité chiffrée.
Les quatre pièges qui font s’effondrer le système
Inflation d’étiquettes. Symptôme : vous hésitez plus de trois secondes à classer. Parade : plafond de quinze étiquettes, synonymes fusionnés.
Doublons silencieux. Symptôme : deux fiches presque identiques. Parade : recherche du titre avant import, puisqu’aucun import ne déduplique.
Collection-musée. Symptôme : la plupart de vos recettes n’ont jamais été cuisinées. Parade : étiquette « à tester », suppression au bout d’un an.
Système à deux têtes. Symptôme : vous enregistrez encore des recettes ailleurs. Parade : supprimer le dossier de favoris du navigateur une fois la reprise terminée.
Un mot honnête pour finir sur ce que le rangement ne résout pas. Pas de mode hors ligne : une connexion internet est nécessaire, ce qui compte si vous cuisinez dans une pièce mal couverte. Le partage se fait par lien web, sans export PDF ni Excel. Et pas de commande vocale en mode cuisine, même si l’écran reste allumé et que les minuteurs sont détectés dans le texte des étapes. Côté offres : Pro à 4,99 €/mois ou 39,99 €/an, Family à 6,99 €/mois ou 59,99 €/an jusqu’à 4 comptes partageant recettes, planning et courses en temps réel, chacun gardant son compte et son login.
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